
Quand peut-on parler d'un produit biologique ?
Ce n'est pas le produit qui est biologique mais c'est son procédé de fabrication. Il serait plus exact de parler de " produit issu de l'agriculture biologique ". Et c'est d'ailleurs la mention apposée sur les emballages. Le certificateur qui appose son accréditation ne certifie pas que le produit est à 100 % bio (est-ce possible dans l'état actuel de notre environnement ?) mais il certifie que ce produit a été cultivé, transformé, conservé, transporté et distribué dans le cadre de la réglementation bio.
Que signifie vraiment le logo AB ?
Le logo AB est une mention facultative, mise en place par le ministère de l'Agriculture et de la Pêche, qui ne peut être apposée qu'après certification par un organisme certificateur agréé. Il sera donc toujours assorti de la mention " Contrôlé ou certifié " par... (ECOCERT ou QUALITE FRANCE par exemple). Il garantit que la réglementation et les cahiers des charges ont été respectés et que l'aliment est composé à plus de 95 % d'ingrédients issus de l'agriculture biologique.
Qui sont ces organismes certificateurs qui délivrent les labels ?
Les organismes certificateurs sont des structures indépendantes et autonomes. Agréés par les pouvoirs publics, ils ne sont liés à aucune structure commerciale ou syndicale. Ecocert est le plus important puisqu'il contrôle à lui seul 80% des opérateurs bio. Qualité France, Afaq-Ascert International, Qualité Nord-Pas-de-Calais, Ulase, Agrocert, Certipaq et Aclave se partagent les 20 % restants. Ces organismes sont composés d'évaluateurs (auditeurs et contrôleurs) dont le rôle est d'informer les agriculteurs et les transformateurs des règlements en vigueur et surtout de contrôler la conformité des procédés de production, d'importation, de transformation, de transport... du produit bio.
Au sein de chaque organisme certificateur, un comité de certification est nommé. Ce comité est formé de représentants de l'agriculture conventionnelle, de l'agriculture bio et de consommateurs... Ses membres changent tous les deux ans.
C'est ce comité qui, au vu du dossier et des résultats des prélèvements le cas échéant, accorde ou refuse la licence (pour toute l'entreprise) et les certificats (par produit).
Peut-on avoir un label si l'on a mis des engrais ou des pesticides l'année d'avant ?
Non bien sûr, puisqu'une période de conversion est obligatoire. Pendant deux ans, l'agriculteur doit cultiver sa parcelle selon les principes de l'agriculture biologique mais écouler sa production sans avoir le label bio. Au bout de ces deux années le certificateur peut encore lui demander une ou plusieurs années de conversion. À l'inverse, un agriculteur peut obtenir immédiatement une accréditation s'il a choisi une parcelle en friche depuis au moins trois ans, qui n'a donc pas été traitée et où les arbres commencent à pousser...
Comment s'effectuent les contrôles ?
Les contrôles sont effectués par les organismes certificateurs. Ils peuvent avoir lieu chez tous les opérateurs de la filière : celui qui produit (agriculteur, apiculteur...), celui qui prépare (transforme, conserve, conditionne, étiquette), celui qui importe ou qui commercialise.
Les opérateurs doivent être contrôlés 1 fois par an minimum. Sur cinq années, l'entreprise sera contrôlée 6 fois, dont une fois inopinément.
Ils portent sur l'ensemble du système de production.
Ainsi, s'il s'agit d'une exploitation, les agronomes certificateurs examinent les locaux d'élevage, les parcelles, les aires de stockage mais aussi les factures et les comptes. Chez un transformateur, les ateliers et les process de transformation sont dûment contrôlés ainsi que l'étiquetage et les factures fournisseurs pour s'assurer de l'origine des matières premières.
Au moindre doute sur le respect des règlements mais aussi sur l'influence environnementale, le contrôleur ordonne un prélèvement qui sera analysé de façon anonyme dans un laboratoire.
Si les résultats sont conformes, l'opérateur reçoit une licence pour son activité et des certificats pour chaque produit qu'il traitera.
Quels sont les pièges à éviter ?
Toutes les mentions du type " produit naturel ", " produit fermier ", " sans traitement " etc. n'ont rien à voir avec l'agriculture biologique.
Le fait d'acheter sur un marché biologique, dans un magasin ou une coopérative n'implique pas obligatoirement que le produit est bio. Les coopératives et les magasins vendent aussi des produits diététiques, qui ne sont pas forcément bio.
Attention à certains industriels qui jouent sur l'ambiguïté et la confusion. Danone a été sommé de trouver un autre nom pour ses yaourts " Bio " qui ont induit en erreur nombre de consommateurs persuadés de l'origine biologique de ce produit. En grandes surfaces, les choses sont compliquées par le fait que les enseignes communiquent sur leur marque " Carrefour bio ", " Monoprix bio " et non sur le logo AB. Encore une fois, c'est au consommateur de se souvenir que seule la référence à l'organisme de contrôle est une réelle garantie. La marque commerciale d'un produit ne prouve rien. On peut tout à fait trouver des produits non-bio dans une marque commerciale réputée bio. Si l'on veut acheter un produit bio, il faut donc s'assurer qu'il a été contrôlé.
À quoi correspondent les autres labels ?
Il s'agit d'organismes privés et indépendants, qui existent de longue date. Ils ne sont pas liés au Ministère de l'Agriculture comme les certificateurs officiels. Toutefois, ils peuvent également certifier un produit : ils ont des cahiers des charges et des moyens de contrôle. Leur logo s'ajoute au logo AB. Il est intéressant de repérer leur label car ces organismes ont des réglementations plus strictes, des exigences et des contrôles plus pointus. Ils garantissent en général des produits bio d'excellente qualité. C'est un peu l'élite du bio, on les trouve surtout dans les magasins et les coopératives spécialisés. Ces labels peuvent être spécifiques à une gamme de produits (les engrais pour BioVisa, les plantes aromatiques pour Simples), à une région (Biobourgogne), à un type d'agriculture (la biodynamie pour Demeter). Nature & Progrès occupe une place à part.
Qui est Nature & Progrès ?
Nature & Progrès est une association de producteurs et de consommateurs de produits biologiques. Depuis 1964, elle a participé à toutes les évolutions et est considérée comme pionnière. Même si, depuis la création du système public de certification, son nombre d'adhérents producteurs a chuté (600 en 1999), même si ses prises de position sont parfois jugées extrêmes, elle reste pour beaucoup le garant des valeurs " pures " de la bio, un lieu de réflexion et de contre-pouvoir. Nature & Progrès élabore des cahiers des charges, certifie des produits (grâce à un Système de Contrôle Interne Participatif - SCIP) permettant d'inclure producteurs et consommateurs), participe à des salons, des manifestations, édite une revue et est présente sur tous les gros dossiers (OGM) en général bien avant qu'ils ne défraient l'actualité.
Quelle garantie apporte le label Nature & Progrès ?
Les cahiers des charges Nature & Progrès sont fondamentalement différents des cahiers des charges nationaux ou des règlements communautaires dans la mesure où ils ne considèrent pas uniquement le produit ou son mode de production mais aussi la démarche et les motivations du producteur.
Des nouveaux critères entrent en jeu visant une cohérence entre le produit et la démarche et une sécurité maximum pour le consommateur. Pas question de certifier un opérateur appartenant à un grand groupe leader dans le domaine des OGM, pas question de certifier un opérateur vendant le même produit bio sous dix marques différentes (comme cela se pratique pour certaines marques présentent sous des noms différents en grande distribution et en magasin), pas question de certifier les producteurs n'envisageant pas, à court terme, une conversion totale de leur exploitation...
Le label Nature & Progrès garantit donc une éthique mais aussi des cahiers des charges plus rigoureux en particulier en ce qui concerne la pollution environnementale et les animaux.
À quoi correspond le label Demeter ?
Demeter est un logo international qui est apposé sur les produits répondant au cahier des charges de la culture biodynamique. On trouve à peu près toutes sortes de produits alimentaires, bruts ou transformés, portant cette marque. La viticulture en biodynamie a beaucoup fait parler d'elle car elle a donné de très prestigieux résultats. En Allemagne, où le mouvement est plus présent, on trouvera également des produits cosmétiques ou des textiles.
Les produits Demeter sont garantis par l'association Demeter France et certifiés bio par un certificateur agréé, comme tout autre produit issu de l'agriculture biologique.
Quelle différence entre bio et biodynamie ?
L'agriculture biodynamique est une agriculture bio (qui en reprend les principes : pas de traitement chimique, respect de la terre et des animaux) assortie d'une démarche plus spirituelle visant à une meilleure compréhension de la nature profonde de la plante, de l'animal et de l'homme ainsi que de leurs rapports. C'est Rudolf Steiner, scientifique et philosophe autrichien, fondateur de l'anthroposophie, qui a posé les fondements de l'agriculture biodynamique en juin 1924.
Existe-il un label pour les cosmétiques ?
Depuis l'automne 2002, un cahier des charges de la "Cosmétique Ecologique et Biologique" a été déposé au Ministère de l'Industrie et du Commerce en France et contribue à clarifier et garantir aux consommateurs cette nouvelle cosmétique. En effet, actuellement, la réglementation du mode de production biologique concerne les matières premières comme les plantes, les huiles essentielles... mais ne définit pas les règles de transformation en cosmétiques.
Le travail d'élaboration de ce cahier des charges a commencé en l'an 2000 avec un groupe de responsables d'entreprises de cosmétiques en collaboration avec l'organisme de contrôle ECOCERT.
L'association professionnelle française COSMEBIO est née de ce groupe de travail et s'est ouverte aux entreprises désireuses de s'engager dans ce type de cosmétique.
Il existe deux labels COSMEBIO, BIO et ECO. Le dernier étant plus tolérant sur la proportion des ingrédients issus de l'Agriculture Biologique (de 50 % à 94 %), les magasins des Nouveaux Robinson limitent au maximum le référencement des produits « ECO ».
Le label « BIO » garanti 95 à 100% du total des ingrédients végétaux issus de l'agriculture et 95% sont végétaux.
Le cahier des charges de COSMEBIO apporte des garanties sur les produits (sélection des ingrédients et des procédés de transformation et de fabrication), sur les personnes (transparence et information), sur l'environnement (pas de test sur les animaux, recyclage et biodégradabilité des produits finis), sur l'économie et la société (développement durable et commerce équitable encouragés).
Nature et Progrès délivre également un label à des gammes de cosmétiques.









